PiApplications 2026
Mise à jour du 30/10/2026.

Cas concret : Marstek Venus A.

Il existe désormais des solutions dites plug & play qui simplifient nettement l'installation d'un système de panneaux solaires. Nous allons en présenter une qui n'est sans doute pas la meilleure mais qui répond à nos objectifs :

  1. réduction de la facture d'électricité d'un foyer ayant une consommation électrique "raisonnable" (pas de chauffage électrique).
  2. capacité à protéger les appareils à fonctionnement permanent pour une puissance donnée sur un temps donné. Dans notre cas, le système doit être capable de délivrer 200 W durant une douzaine d'heure.

La solution retenue s'articule autour de la batterie Marstek Venus A. Cette solution intègre dans un même boitier un onduleur pour 4 panneaux et une batterie d'une capacité de 2 kWh. Il est possible d'ajouter jusqu'à 5 batteries de 2 kWh en fonction de vos besoins. Dans notre cas, pour répondre à nos contraintes (au minimum 2,4 kWh en cas de panne), il faut ajouter une batterie au kit initial.

Cette solution est pilotable via Internet au moyen d'une application smartphone. Personellement je déplore ce choix qui permet à un tiers qui aurait pirater le cloud Marstek de s'introduire via ce canal sur votre réseau domestique. Notez que l'accès Internet n'est indispensable que pour les mises à jour du firmware de la batterie. En revanche, la Venus A intègre une API qui permet de s'affranchir de l'application smartphone pour la lecture des données et le pilotage du système.

Nous disposions déjà d'un wattmètre de marque Shelly Pro 3EMCT63 (génération 2) pour mesurer l'énergie consommée par le logement. Marstek annonce que ce dispositif est compatible avec la Venus A. Dans les faits, la Venus A "voit" bien le Shelly Pro 3EM mais se rèvèle incapable d'autoadapter la puissance délivrée au réseau à la puissance mesurée par le wattmètre.

La Venus A dispose de 5 modes de fonctionnement : "autoconsommation", "IA", "manuel", "UPS" et "passif". L'application smartphone ne présente que les 4 premières et si on pilote la Venus A en mode pasif, l'application affiche le mode "travail" (notez que ce mode n'est pas référencée dans la documentation de l'application). Nous ne détaillerons pas les 4 premiers modes, qui eux, sont documentés par Marstek. Nous détaillerons plus tard le mode "passif".

Objectifs.

La presse se fait l'écho de plus en plus souvent de piratages de système industriels massivement déployés. Imaginons que des personnes malveillantes prennent le contrôle du cloud Marstek. Il leur est alors possible de prendre, à distance, le contrôle de votre installation solaire. Actuellement, les attaques informatiques Russe ou pilotées par la russie rendent ce scénario assez réaliste.

Nous visons donc un double but :

  1. Utiliser le wattmètre Shehlly Pro 3EMCT63 en tandem avec la Venus A ;
  2. Interdire la communication externe de la Venus A avec le cloud Marstek sauf à des moments précis pour vérifier la présence d'une mise à jour du firmware.

Critique de la Venus A.

De prime abord, la Venus A est un boîtier "lourd" (batterie) d'excellente facture visiblement conçu pour demeurer dans des endroits peu habitables (garage, grange, Hangar, etc.). Les diodes lunineuses sur sa face avant résument assez bien son fonctionnement, et, de plus, il est possible de les éteindre. Le Bluetooth est très utile à la configuration et peut être désactivé pour raison de sécurité ensuite. Si vous utilisez un des modes Manuel, IA, Auto ou UPS la mise en oeuvre est assez aisée.

Mais il y a aussi des choses surprenantes. La prise Ethernet ne semble pas fonctionnelle dans la mesure où elle n'est même abordée dans la documentation si ce n'est sa présence sur les figures. En creusant un peu (beaucoup), la méthode Marstek.GetDevice de l'API est le seul moyen de vérifier son fonctionnement. Marstek.GetDevice renvoie l’IP utilisée. Sur une installation en Ethernet, la réponse contient une propriété wifi_name vide. Seul ce champ vide permet de confirmer que c’est bien l’interface filaire qui est active. Il n'est pas possible d'assigner une adresse IP statique à la Venus A en mode filaire car l'adresse IP est obligatoirement fournie via DHCP. Si on souhaite une adresse fixe (quasi indispensable pour notre régulation de puissance), c'est au niveau du serveur DHCP qu'il faut assigner cette adresse après avoir pris soin de récupérer auparavant l'adresse MAC de l'interface Ethernet (avec une Freebox c'est assez facile, pour les autres...). Bref, pas si simple ! D'une manière générale, la documentation est réduite à la portion congrue et semble destinée à des solutions clefs en main Marstek.

Les modes IA et Auto supposent que le wattmètre (ici appelé CT) est sur le même LAN physique. Le fait qu'il soit sur le même domaine d'adressage ne suffit pas. Dans mon cas, la Venus A est reliée à la box par un pont WiFi tandis que le wattmètre est relié au réseau WiFi de la box (les deux SSID des réseaux WiFi sont différents). Tout les composants sont sur le même plan d'adressage (192.168.N) mais cela suffit à ce que la Venus A ne puisse pas collaborer avec le wattmètre. Pour ce qui est de l'aide via l'IA Marstek sur ce genre de difficulté : oubliez !

Le mode Manuel suppose une consommation relativement constante du logement. Sans cela, soit son apport pour faire des économies est insuffisant (même si vous pouvez définir plusieurs créneaux horaires dont il faut au préalable comprendre la logique), soit vous faites cadeau de ce qu'elle génère à Enedis mais au prix d'une durée de décharge raccourcie. Bref le mode Manuel est à éviter. Cela n'empêche pas des revendeurs en ligne de vous vendre cette solution en laissant penser que l'acquisition d'un wattmètre est facultaif.

Visiblement les performances WiFi de la Venus A sont en dessous des standards actuels. En premier lieu, elle ne supporte que la bande 2,4 GHz. En second lieu, sa présence proche d'un onduleur abaisse notablement sa sensibilité et là où un répéteur TP-Link voit le réseau principal avec une force d'intensité moyenne, la Venus A le détecte à peine. Clairement, la Venus A est conçue pour être installée au plus proche du logement. Or, la présence du réseau que ce soit pour la supervision via le cloud Marstek et son application smartphone, ou pour une supervision directe comme il sera traité plus avant est indispensable. Si ce n'est pas votre cas et que vos connaissances réseau sont élémentaires, évitez ce produit.

En conclusion, nous apprécions la qualité et la robustesse du produit mais nous regrettons son manque de maturité au plan réseau et informatique. Notre Venus A étant éloignée du logement, si c'était à refaire et fort de notre expérience, nous choisirions sans doute un autre produit.